Qui sommes-nous?

Qui sommes-nous?

Roï

De mon enfance, je me souviens de l’étagère d’épices dans la cuisine, du bidon de 20 litres d’huile d’olive toujours rangé sous l’évier, des kilos de tomates que ma mère disposait dans la corbeille du salon. Longtemps après, quand mes parents ont déménagé, je me suis rendu compte que les pots d’épices de mon enfance étaient toujours là, périmés depuis des années et pire encore, intacts. Dès l’âge de 9 ans, quand je rentrais de l’école le midi, elle avait pris l’habitude de m’accueillir en me disant : « mon chéri, tu as faim ? Tu prépares quelque chose pour moi aussi ? ».
Après des études artistiques, j’ai décidé de retrouver cette passion d’enfance, et de devenir cuisinier. J’ai donc débarqué en France, à Paris. J’ai d’abord appris le français, puis la cuisine française. Or, ces années passées derrière les fourneaux m’ont mis face à mes contradictions. J’aime prendre le temps de vivre mais les horaires étaient impossibles ; j’aime les ambiances conviviales et chaleureuses mais le climat était hostile et stressant ; je cherche à travailler avec des produits d’excellente qualité, dans le plus grand respect des hommes, des plantes et des animaux mais rares sont les restaurants à prendre ces paramètres en compte. C’est comme ça que, de fil en aiguille, je suis devenu artisan pastier.

Gilles

Si je suis aujourd’hui autant gourmand que gourmet et passionnément amoureux des bonnes choses de la vie, c’est bien grâce à ma grand-mère.
Depuis mon plus jeune âge, je l’ai toujours connue dans sa cuisine. J’aimais ces moments de complicité où, dans la joie et la bonne humeur nous discutions tout en cuisinant. Elle faisait son pain, ses petites pâtes grillées qu’elle formait une à une à la main. Elle m’a transmis toutes les bases de la cuisine  et surtout l’art de « goûter », de reconnaître les saveurs et les odeurs… Je l’entends encore me dire : « Tiens, goûte! C’est quoi à ton avis? » Ou encore : « Que manque-t-il ? ». J’étais donc tout le temps dans sa cuisine et les dîners que nous préparions ressemblaient à des banquets. C’était une invitation au voyage entre Constantine en Algérie, sa ville natale,  et la région parisienne où j’ai grandi.
Passionné par les relations humaines, je consacre aujourd’hui ma vie à « rendre l’homme meilleur à travers ce qu’il mange ».
Je suis papa maintenant, cela m’aide à me projeter dans le futur. Je n’ai jamais eu autant conscience que mes choix contribuent à la construction d’un monde qui verra grandir cet enfant, et tous les autres… Pouvoir participer, à mon petit niveau, au développement de l’économie locale est une grande source de joie.

Serge

Je  suis né en Afrique, maman américaine, papa français. Une enfance entre 3 continents. J’ai toujours eu un goût pour l’aventure, la nature, les paysages, des savanes de baobabs aux bocages normands, via les lacs du New Hampshire. Et puis j’ai découvert la cuisine. Le plaisir de partager. Et puis les vignes, et le vin. Une formation dans le vin. Un choix pour le vin bio. Le plaisir de faire découvrir. Entre temps, j’ai appris à reconnaître les champignons de la forêt de Fontainebleau et réalisé que j’étais également passionné par la mer, la voile, les îles. Et puis, un potager dans le Loiret… Prendre le temps. Arroser. Regarder. Écouter. La terre, le vent, les radis, les fleurs et les tomates, entre autres, les coccinelles… Et lorsque mes deux pieds escaladent les pentes de la butte Montmartre, mon quartier adoré, je me souviens régulièrement de ces quelques mots, peints à la main sur le mur d’une maison d’amis, petite île bretonne, qui disaient « il y a autant de merveilles dans le fond de notre jardin qu’au bout du monde ». Je pense que tout cela a du sens et que le goût de l’aventure et quelques convictions bien encrées m’amènent aujourd’hui à cette aventure du goût.

Arthur

Statisticien jongleur, économiste végétarien, fonctionnaire iconoclaste, écologiste mélomane : on dit que je me démarque. En fait, je m’inspire de tous les styles, de toutes les pratiques, de tous les savoirs. Je les mélange et je ne garde que ce qu’il me plaît. Le sarouel est si beau avec une veste de costume ! L’huile d’olive se marie si bien avec la sauce soja ! L’économie révolutionnaire vue depuis l’écologie! J’ai horreur du conformisme et des traditions répétées bêtement. Je m’imprègne par contre avec plaisir des coutumes vaillantes et vivantes : de la cuisine créole au chant polyphonique italien, de la tarentelle au karaoké, de l’apéro-pétanque aux pâtisseries du dimanche… peu importe le flacon pourvu que les buveurs m’emmènent avec eux dans l’ivresse. Au fil du temps, des rencontres, des voyages, je me permets de synthétiser ces traditions en des traditions nouvelles : elles viennent ainsi de moi seul et de partout à la fois.